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Intervention de Philippe DUBOURG au Congrès des Maires des Landes le 30 janvier

Association des Maires des Landes 30 janvier 2016

 Déclaration de Philippe DUBOURG

            * C’est incroyable ce qui s’est passé depuis la dernière AG, sans parler d’avant…avec des lois qui mettent en question l’existence des communes….et dont on n’a pas parlé ici…On vit douloureusement un véritable déni de vérité et de démocratie : je peux témoigner ici que des maires ne sont pas d’accord avec cette évolution, cette loi NOTRe ruralicide et liberticide… avec ses fusions –il y aura une prochaine fois avec des seuils encore plus grands…--, ses transferts de compétences –la mutualisation complète, c’est le transfert de toutes les compétences--, ses schémas de mutualisation –le transfert des employés communaux vers les intercommunalités--, c’est-à-dire le fantasme du gigantisme…Voilà des communes-devenues coquilles vides, des services publics fragilisés..etc

            * C’est incroyable quand on lit le journal des vœux la diversité des points de vue sur cette évolution…Difficile d’organiser une résistance…Pourtant je sens que l’heure est à la mobilisation : « exister, s’exprimer c’est résister…résister c’est créer » : les maires qui pensent cela vont enfin oser réagir et l’exprimer : c’est ce que me propose de faire…En toute démocratie, nous avons le droit de penser et d’exprimer cette différence : merci de me laisser m’exprimer

            A quoi serviraient et serviront des associations de maires si le maire n’u plus d’autre existence que d’être un garde-champêtre et celui qui ne reçoit que des coups pour résoudre les incidents de la commune… ?

            * Que nous reste-t-il à faire, chers collègues ? Ecrire des MOTIONS que certains d’entre vous signent, pour au moins laisser des traces de tout cela : en voici encore une dont je ne lirai que l’essentiel ici, pour ne pas vous saturer : je reprends l’ADRESSE que l’AMRF envoie à Fr HOLLANDE…Je vous l’enverrai complète par mail, après en avoir discuté avec mes collègues…Elle exprime pourquoi nous sommes contre l’absorption des communes par les intercommunalités… Pas de réponse pour l’instant…

* Moi j’appelle cette évolution « mouvement de concentration urbaine et technocratique »…On la voit partout, en agriculture, dans le commerce, l’industrie…

Au passage, dans cet ordre d’idées, je remercie J.L. Carrère d’avoir envoyé ma dernière motion, et mon essai « La Réforme territoriale La contagion… » à Fr Hollande et M. Valls: je te remercie de bien vouloir écouter cette argumentation de défense de la ruralité… J’espère que leurs cabinets pourront répondre…

            * Ce qu’il nous reste à faire, chers collègues c’est de « promouvoir la ruralité dans le débat public » : les médias ont mis dans la tête des gens que la commune est morte…Si vous le permettez, je vous invite à venir témoigner de tout cela LUNDI à 18 H 30 à Carcarès-Ste-Croix…Existons, osons nous exprimer pour résister…Je peux organiser des réunions décentralisées, si des élus le souhaitent et les citoyens aussi ---car les citoyens sont totalement mis hors-jeu de la Réforme territoriale

 

            Pour terminer, je voudrais aussi parler d’un déni de vérité à propos du PLUi –il y en a d’autres— qui a sauté aux visages des Conseillers communautaires du Pays tarusate mercredi…Je posai la question au représentant de l’Etat, de l’urbanisation par rapport à l’assainissement collectif…Réponse nette : pas d’urbanisation sans assainissement collectif…Et les micro-stations ? aucune validité : ce que le SYDEC a confirmé…Chers collègues : est-il tolérable qu’ainsi la grande majorité des communes n’aient aucun avenir ? Je lis ailleurs : « uniquement les lieux déjà urbanisés » ; ou dans notre SAAD : il faut « conforter les pôles principaux » pour « porter à maturité l’intercommunalité »…

            Ôtons nos œillères, et regardons la vérité en face de la volonté technocratique de suppression des communes ! Ce serait bien la première fois que le peuple français se coucherait devant l’inacceptable…

 

MA QUESTION : « Quel est l’avenir de nos communes dans un tel contexte négatif ? Personne ne sait où placer le curseur entre communal, local et intercommunal, global ???

Que ressentons-nous ? En l’absence d’une orientation claire, nous sentons que c’est la fuite en avant, une dérive vers la suppression de l’échelon faible…Nous sommes en pleine schizophrénie : si Fr. Hollande affirme lors des Etats généraux de la Démocratie territoriale que les 36 000 communes sont un atout pour la France, Marylise Lebranchu dit qu’il faut « dévitaliser les communes..Comment s’étonner ensuite que notre société n’ait plus de repères ? »

 

Intervention de Philippe DUBOURG au Congrès des Maires de France le 1er juin

INTERVENTION AMF 1 juin : Philippe DUBOURG

 

            Le petit maire rural des Landes que je suis (520 hab) ose prendre la parole pour défendre « l’archaïsme » communal, comme il a été dit, en étant quelque peu iconoclaste, ou peut-être «  conservateur révolutionnaire »…(sauvegarder les valeurs humanistes dans l’avenir)

            …parce qu’il est désabusé, et parfois en colère…comme vous l’avez dit M. Laigniel. Vous le savez, j’écris pour comprendre quelque chose à ce grand chambardement territorial qu’on nous impose, à cette « contagion technocratique » où n’apparaissent que des contradictions.

            Messieurs les grands élus, vous tenez le même discours que nous, élus de la base, et dans les territoires, nous subissons une fuite en avant, un sauve-qui-peut général, comme dans un train sans chauffeur qui irait dans le mur…

            Donc, c’est le double langage, l’opposition entre de belles paroles – nous aussi nous pouvons être facilement lyriques, enthousiastes, en montrant que nous croyons en l’avenir de nos territoires--  et le terrain, où nous sont imposées des lois ruralicides, car nous y vivons déjà la mort des commues, ou le fait qu’elles deviennent des coquilles vides…

            Des exemples concrets de ces mesures anti-démocratiques, je ne pourrais toutes les citer ici : à travers les SCOTs et PLUIs, l’urbanisation va se concentrer dans les bourgs principaux et les villes : * cette concentration s’ajoute à celle que l’on voit partout en œuvre, dans l’agriculture, le commerce ou l’industrie (vous voyez à quoi je fais allusion) et aboutira à la désertification ailleurs. Avec ce mouvement de concentration technocratique, nous sommes tous des ruraux ou des « périphériques des grands centres et métropoles  * je citerais aussi les « conventions ruralité » pour la concentration des écoles, la fibre optique pour la concentration des entreprises, la mutualisation pour la mutualisation…etc

                      Pourquoi l’AMF ne dénonce-t-elle pas pied à pied chaque mesure, et cela tous ensemble ? Je comprends que cela ne soit pas facile pour notre association généraliste…

 

Comment voulez-vous que nous croyions en l’avenir de la commune –qu’on ne défend qu’en paroles— alors que tout est fait pour qu’elles soient absorbées dans des intercommunalités de plus en plus grandes, et l’on sait que ce fantasme du gigantisme poussera le système à produire des intercos encore plus grandes, la prochaine fois…Les maires ruraux sont pour des intercos offrant des outils aux communes (voirie, CIAS, Culture…)…Comment voulez-vous que nous trouvions un juste curseur entre communes et ces nébuleuses floues de plus en plus technocratiques ?  

            Qu’on mette un terme à ce processus suicidaire et schizophrénique qui signe la mort de notre démocratie…car si nous, élus de la base, avons du mal à y comprendre quelque chose, qu’en est-il des citoyens ?

            Soyons clairs et transparents, car le « tsunami médiatique » (expression de M. Baroin) en profite pour manipuler l’opinion, à qui elle fait croire que les communes sont trop nombreuses et trop dispendieuses…Et sur le terrain, c’est catastrophique pour nous : nous devenons les boucs émissaires de l’Etat, le vrai responsable des déficits publics…Je le ressens dans ma commune et ailleurs, le désengagement des citoyens dans le bénévolat…

Voilà les éléments de la crise démocratique et morale, que nous vivons dramatiquement…Le modèle communal marchait bien avant la Réforme territoriale ; n’est-on pas en train de le casser, humainement parlant. Le « regard nouveau » que l’on nous demande d’avoir est en grande partie dans ce passé.